[interrogation] HBO & Showtime. What about love?
Depuis quelques années, chez les sériephages, il y a un débat de taille. Le combat entre « chaînes câblées »… HBO a-t-il perdu son trône de grande prêtresse du talent télévisuel au profit de Showtime? Il faut nous replacer dans le contexte de 2005. Cette dernière lançait Weeds & co. et grimpait dans l’estime de beaucoup d’entre nous. La chaîne offrait alors de grands programmes rentrés dans les « classiques à voir ». HBO, de son côté, perdait un peu en puissance. Ses bébés étaient finis ou avaient programmé leur mort annoncée. Oz (2003) – Sex & the City (2004) – Six Feet Under (2005) – The Sopranos (2007) ou un peu plus tard, The Wire en 2008. Bien-sûr, dans le même temps, elle mettait sur pieds de nouvelles séries d’une qualité valant sa légende et continuait de chouchouter certaines autres chères au cœur de ses téléspectateurs. Mais quand même.

Pourquoi HBO et Showtime? Parce que ce sont deux chaînes câblées (oops! et oui, ça compte!) proposant des shows qui ne seraient pas forcément passés sur d’autres chaînes, des shows réputés pour une certaine liberté de ton, pour leur manière d’oser présenter un petit écran innovant, cru et tout ça, tout ça. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de dire que leur compétition est toute nouvelle, au contraire, elle semble durer depuis des siècles. En revanche, ce débat, lui, je peux le vivre. Les séries sont le nouveau terrain. C’est pour ça que j’en parle, n’est-ce pas.
Bref, pour un sériephage, HBO et Showtime sont des incontournables. En véritables divinités du drogué télévisuel, elles distillent un souffle nouveau et chaque saison est attendue avec une impatience désormais palpable, voire quantifiable dans les mondes merveilleux du web et des discussions IRL.
Pour le sériephage, l’apparition du logo zap-tout-en-neige de HBO ou une série estampillée Showtime déclenche un « A VOIR, A VOIR, A VOIR » au-dessus de sa tête. Vous savez, comme le petit encart « Applause » au-dessus de la tête d’Aladdin, à la fin de la chanson « Je suis ton meilleur ami »?
On dit souvent que HBO a réinventé la série. Par des noms comme Six Feet Under, qui suivait Oz ou The Sopranos… ce sont la réalisation soignée d’équipes géniales ou de petits bonhommes comme Michael Cuesta ; le style original et identifiable ; les sujets abordés [du sexe débridé des quarantenaires (Sex & the City), la violence extrême des prisons (Oz), la destruction des codes manichéens des personnages, comme celui du policier (the Wire), l'irréversibilité de la mort (Six Feet Under)] ; des génériques magnifiques et indémodables, personnalisés et étudiés (le générique bateau est raillé depuis Thomas Newman et son SFU…) ; le soin accordé à la production, même pour des téléfilms rentrés dans l’Histoire (Band of Brothers). De véritables événements, je vous dis (et les bandes-annonces de Six Feet… Ahhhh).
Tout était, point. On disait alors « c’est beau comme au cinéma ». Il n’y a qu’à voir le wiki de The Wire : « Ce positionnement est assez emblématique de la volonté des deux auteurs principaux de dépasser le cadre de la série TV classique pour faire une fresque sociale représentant la complexité des Etats-Unis ». Et par là-même s’instaurait une confiance grandissante des producteurs ou des personnalités hypes du cinéma de rentrer dans la danse. Encore une fois, je ne suis pas en train de dire que les séries de qualité sont nées en 2001. Je suis pas une quéquette à ce point là, je pourrais vous citer des dizaines et des dizaines et des dizaines de séries que j’aime d’avant cette époque (hors d’HBO bien-sûr), et ce n’est pas le propos. Mais force est de constater ce regain de vitalité accéléré dans la recherche au prochain pilote-carton-de-qualité-extrême. Cette confiance constante en ce potentiel. Vous voyez ce que je veux dire? Ce n’est pas très facile de l’expliquer.

Pendant ce temps-là, retour au monde actuel où dans les cours de récré et dans les dîners, on parle de Weeds ou de Dexter (une partie de l’équipe de SFU en la qualité de Michael Cuesta et Michael C. Hall!), de Californication ou de the L Word -jusqu’à il y a peu-.
Dans les années 90, Showtime proposait Poltergeist, Stargate SG- 1 (jusque 2002). Mais c’est depuis 6 ou 7 ans, et vraiment depuis 5 ans, que la chaîne explose l’art d’être artiste à la télé. En 2000, elle proposait Queer as Folk ; en 2003, Dead like me débarquait avant de disparaître au bout de deux saisons et un « film » (pardon) et en 2004, c’était au tour des bombasses de The L Word de faire tourner les têtes. Pas parfait mais…
Alors quand 2005 est arrivé… Weeds (2005), Dexter & Jericho (2006), Californication & The Tudors (2007), The United States of Tara & Nurse Jackie (2009)!
Une vraie rivale? Sur un terrain similaire? Oui.
De séries plus en demi-teinte, soit légèrement plus sucrées de morale [pas à l'extrême, cela dit, loin de là] Showtime a fini par s’épanouir en proposant une véritable touche personnelle… quoi que décalquée sur d’anciennes recettes concurrentes, parfois, mais toujours en fraîcheur (l’acceptation de la mort, le sexe subversif…). Il n’empêche que. Les secrets n’en sont pas. Repeat : la réalisation soignée d’équipes géniales ou de petits bonhommes comme Michael Cuesta (again avec Dexter) ; le style original et identifiable ; les sujets abordés [du sexe débridé des homosexuels cette fois, la violence intérieure, la destruction des codes manichéens des personnages, comme celui de la mère de famille (the United States of tara, Weeds) ; le soin accordé à la production. On s’accroche, on s’attache, on se passionne et les personnages finissent de nous achever. Dexter semble en être le chef, non?

NEWS juste ci-dessous!
Il n’empêche, HBO reste une grosse pointure. Curb Your Enthousiasm s’achève. True Blood, Big Love sont reconduites et aucun thème ne semble lui faire peur… Et maintenant, on annonce que Dustin Hoffman rejoint la chaîne pour Luck, sur… le monde hippique! Le zozo devrait interpréter un ex-détenu passionné de courses, qui décide de monter une belle arnaque. Chorale, le film suivra plusieurs acteurs du monde du cheval. Accessoirement, la série sera diffusée à la saison janvier 2011 et sera produite par Michael Mann. Et David Milch (Deadwood, tiens tiens). Tournage dans les prochaines semaines. Je reviendrai dessus dans une prochaine news.
Showtime, elle, continue de proposer ses couleurs si identifiables. Je suis particulièrement fan de Tara et Eastbound and down.
Alors pourquoi HBO et Showtime? Parce que les deux chaînes câblées ont ouvert un chemin fondamental dans l’Histoire des séries américaines. Elles font partie des têtes de fil qui ont su voir le potentiel du genre, et, en lui donnant toutes les clefs en main, lui ont permis de s’épanouir dans d’autres horizons, les autres chaînes quoi. Publiques notamment.
Hein oui?
PS : je suis consciente que toutes les séries « à voir » n’ont pas été citées, merci.
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