• [review] Moi, Flight of the Conchords & Manchester







  • Oui, oui, oui, je suis une gueudin, je suis un fou au féminin, une boule de turlututu, une inconscience du compte en banque. Moi, Ana GBMF, suis capable de me rendre dans le nord de l’Angleterre pour une durée fort limitée et ce, afin de me rendre à concert de… Bret & Jemaine. C’était un peu mon défi, mon obsession, mon chemin de briques jaunes. HA! Il n’y a qu’à voir le supra coup de gueule que j’avais poussé en mars contre les touts.
    Okay, alors, qu’il y ait des piques ou des louanges ci-dessous, sache une chose, cher non-lecteur. Je suis aux anges, et personne ne me retirera ça. NAH.

    Après avoir déambulé dans les rues de Manchester et avant de découvrir que la ville est investie par les poufs le soir venu, je me suis donc rendue à la salle pour 18h30… Diantre, quelle queue! La photo ci-dessous ne représente que le quart de la foule arrivée en avance.

    Vers 20 heures, Eugene Mirman, LE Eugene de la série, est arrivé sur scène. [PAUSE] Ah, oui, j’ai oublié de le notifier, originellement prévue, Kristen Schaal n’a pas pu venir à cause de conflits d’emplois du temps entre la tournée et un tournage. Ai été déçue qu’à moitié. Je suis une grande fan de tout ce qu’elle fait sur le net, mais Eugene Mirman est quand même quelqu’un d’en général génialistiquement hilarant, y compris en dehors de son rôle de propriétaire. [/PAUSE]
    Donc bref, Eugene est arrivé, annoncé par la voix Bowiesque de Jemaine. Quelque chose dans le genre : « Mesdames et Messieurs, à présent, Eugene Mirman. Il vous fera rire tellement fort que vous ne vous pisserez pas seulement dessus, mais aussi sur tout le monde dans un rayon de 3 sièges. Ça sera dégoûtant, mais vous direz que ça passe, parce que [vous passerez] un moment fabuleux« .
    S’en est suivi un stand-up de presque 40 minutes que je n’ai absolument pas vu passer. Oui, parce que si je ne suis pas du tout du tout friande des one man show à la française, je suis très réceptive à l’humour new-yorkais. Eugene a donc blablaté avec l’audience sur des sujets aussi divers que le militantisme, les inscriptions murales urbaines, son judaïsme ou ses tétons (you want to titillate my nipples?! What’s wrong with you, people?!). Il a enchaîné les sketchs courts, présentant même des panneaux sur feuilles A4, lisibles grâce à deux écrans géants placés de part et d’autre de la scène, et une vidéo de lui, déambulant au milieu d’une manifestation. Une véritable friandise avant l’arrivée des Conchords. Ce gars est un véritable performer et j’en ai oublié l’absence de Kristen Schaal.

    Vers neuf heures moins le quart, les Flight of the Conchords sont donc arrivés sur la scène de l’Apollo Centre, une salle qui, malheureusement, me semble trop grande pour eux (à fortiori pour Eugene Mirman). Malheureusement-bis, le duo est devenu si populaire dans le monde anglosaxon que les tourneurs leur trouvent des salles gigantesques, et des triples dates comme à Manchester, encourageant la consommation culturelle de bon goût tout çaaa mais aussi des dérapages et un manque d’intimité certain. Cette intimité étant appelée rien que par la scénographie qu’ont toujours eu les FotC. Deux sièges, des instruments agglutinés autour, un ou deux performers de plus, et du chit-chat à volonté. Too big, too bad, donc. Pour le coup, les écrans géants et les trois caméras (un plan sur la gauche [Jemaine], un sur la droite [Bret], un plan large) étaient très bien vus.
    La salle était absolument complète, à l’image de la vente de ticket dont je parlais il y a deux mois, et j’ai ressenti deux barrières culturelles : assis dans son siège, on ne peut pas gigoter et se trémousser, et moi, j’aime ça + les crétins qui s’enivrent et qui s’obstinent à aller chercher 7 ou 8 verres en deux heures de shows obligeant tout le monde à se lever et donc à déranger Bibi (moi) qui voit plus rien, tout en en renversant sur tout le monde. STOP IT. Ah, et au crétin derrière moi. Shut the fuck up.

    Oui, bon bref, presque entièrement dans le noir, Bret et Jemaine sont arrivés sur scène, affublés de leurs célèbres Robots helmets (à l’image de cette photo prise à Milwaukee) s’introduisant par un très approprié (d’ah)… « TOO MANY DICKS ON THE DANCEFLOOR ». Il n’en fallait pas plus au public pour ne plus se sentir et applaudir à pleines mains, moi, de me faire super mal à la mâchoire à cause d’un fou rire continu.

    Aussitôt après la chanson, les deux compères s’installent sur leurs traditionnels tabourets, avant que Jemaine s’exclame « Hello Manchester, are you MAD FOR IT? That’s right, we’ve googled you. Manchester is a place in England… huh… Its first language is english… It’s in Europe… Yeah okay, this is probably some basic beginners stuff, you probably already know it« .

    Je pense que c’est au moment de commencer Hurt Feelings qu’ils annoncent une visite inattendue : celle de l’orchestre national de New-Zealand…
    …Nigel, multi-instrumentiste habitué des Conchordshows, qui arrive alors en costume avec sa contrebasse. En réalité, c’est aussi un membre actif du Wellington International Ukulele Orchestra, dont fait partie Bret. Tout est une histoire de réseau, mes chatons. Voilà à quoi ressemble l’orchestre :

    Anyway, les concerts de Flight of the Conchords sont aussi de véritables spectacles comiques, puisque les conversations-sketchs plus ou moins préparées prennent autant de place que les chansons.
    La foule qui n’a eu de cesse d’hurler demandes, phrases plus ou moins drôles et autres choses incompréhensibles a eu un double effet kiss-kool : selon les mots et les moments, les Conchords avaient une répartie du tonnerre et le dialogue était enrichi par leur humour décapant (dieu merci). Sauf que certains imbéciles ne savent pas se tenir et ça gâche parfois l’humeur du reste de la foule qui a un peu honte d’être au milieu de ceux-là.

    Et bien-sûr quand des membres du public réclament à plein poumon une « season 3!!!« , Jemaine et Bret esquissent un sourire gêné, mélange d’agacement et de fierté (okay, j’interprète), Jemaine de répondre « Wha…? Of what SHOW? Alf? We’ll ask Murray to pass on the message… Yeah, huh, why don’t they bring back Alf? [...] Oh, shut UP. And watch a season of Alf« . Pas de spoiler sur une éventuelle collaboration audiovisuelle future. Autre que la série, bien entendu, n’est-il pas.

    Pour la méga surprise de fin de show, on repassera, thanks to les internautes qui ont salement spoilé l’affaire. En effet, à la fin de Carol Brown, les Conchords enchaînent avec Bowie après s’être retrouvés dans le noir complet. On les découvre quelques secondes plus tard, habillés de costumes stretch glam-rock tout pailletés, Jemaine, le torse poilu à l’air, avec son écharpe magique qui reste en l’air style « dans le vent », façon Petit Prince et Bret avec son récurrent tigre sur le torse. Sans oublier Nigel qui a troqué son costard pince-fesse contre un costard stretch et pailleté. Leurs vêtements traditionnels sont en effet des leurres à scratch. D’ah, ouuuh. Bref, une prestation top moumoute de Bowie qui a mis la salle par terre.

    La dernière chanson avant les rappels, Demon Woman, est disponible sur YouTube. Une assez mauvaise  qualité mais on y voit les talents de pyrotechnicien de Jemaine et de ses allumettes.

    A peine deux minutes d’applaudissements polis et les Flight of the Conchords reviennent sur scène, avec un Jemaine à moitié rhabillé, pour performer le cultissimesque Hiphopopotamus vs. Rhymenoceros, en en mettant une belle couche sur la partie My rhymes are so potent that in this small segment, I made all the ladies in the area pregnant « Well… CONGRATS!« .
    Les gars se consultent chacun dans le creux de l’oreille et échafaudent leurs plans discrètement : « HO! Sorry! Band meeting! » nous glissera Bret avant de nous tourner le dos pour parler en off à Jemaine qui s’empresse de répondre avec un rictus « Present!« . Evidemment, la foule (moi) est en délire, woo hoo.
    Sugalumps, enfin, a signé l’heure de nos au revoirs (je compte pas mes stalkages futurs) avec deux zigotos complètement déchaînés sur scène. Jemaine, toujours affublé de son pantalon tout en strass est allongé  de côté sur scène et donne des coups de reins suggestifs vers l’audience, tandis que Bret encourage le public à venir toucher et photographier ses sugalumps :p Il insistera à plusieurs reprises pour qu’une jeune femme du premier rang vienne les lui admirer, puis quand elle se décidera enfin, il hurlera un « wow wow wow! » suivi d’un appel à la sécurité. Il se dirigera alors vers un jeune garçon, lui empoignant son appareil photo en marmonnant un « oh wait, he’s taking a picture of my balls, NO WAY man!« . Grandiose.

    Presque 2h15 de show, THAT’S RIGHT! Et moi, j’ai enfin réalisé un rêve vieux de quelques années, tac tac.

    En bonus, deux vidéos de la même jeune fille qui a filmé Demon Woman, toutes deux incomplètes, Jenny et Business Time. Si elles sont incomplètes (Jenny plus que BT auquel il ne manque que la conclusion) c’est à cause de la sécurité très très féroce qui venaient arrêter les gens en glissant de jolis mots doux comme « Tu arrêtes ou je te bousille ton appareil moi-même ». ‘Kay. Anyway, enjoy en faisant abstraction de la qualité!

    Jenny

    Business Time, avec Jemaine à moitié rhabillé.

    Des photos sont disponibles :

    - sur le forum de What the folk ici,
    - sur le twitter de grencharles, .

    La Set List est assez similaire à celle de la tournée américaine de l’année dernière.
    Set list
    :

    1. Dicks on the Dancefloor
    2. Most Beautiful Girl (In The Room)
    3. Hurt Feelings
    4. Robots
    5. Jenny
    6. Think About It
    7. Woo a Lady (nouvelle)
    8. Mutha*Uckas
    9. Ladies of the World
    10. You Don’t Love Me (nouvelle)
    11.I’m Not Crying
    12. Carol Brown
    13. Bowie
    14. Demon Woman

    Rappels (Encore):
    15. Hiphopopotamus vs. Rhymenoceros
    16. Business Time
    17. Bus Driver’s Song
    18. We’re Both in Love With a Sexy Lady
    19. Sugalumps (version assez différente de celle enregistrée)

    ________________________________________________________________________

    N’ayant plus assez de pounds sur moi, j’ai dû me résigner à ne prendre qu’un t-shirt. Les prix étaient plutôt déséquilibrés, les t-shirt étant hors de prix par rapport à mes habitudes (£20 de moyenne) – quoi qu’en lisant les reviews d’habitués de l’Apollo… c’était très peu cher. Mais comment je claque avec ça sur moi.

    PS : j’ai des courbatures et/ou une espèce de luxation dans la mâchoire : c’était drôle, ce show.

    Ah. Toutes les citations sont faites de tête, un ou deux « huh » pourraient avoir été ajouté, mais aucune citation n’a été maltraitée pendant la review.

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    Commentaires

    Hey, il y a Un Commentaire pour cet article :
    1. Modchock | 31 mai 2010 | Permalien

      Je n’avzais pas vu cet article, quelle chance ! Un rêve réalisé je suppose. J’ai découvert un peu mieux ces personnages ici, alors merci encore… et félicitations !

      >>Répondre

    Un Rétrolien

    1. [...] hein. Mon dernier coup de gueule est bien trop vieux et puis, il s’était soldé par une fin heureuse (Moi vs the touts). Qu’en adviendra-t-il de [...]

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